vendredi , 28 juillet 2017
Accueil / Culture / Driss Chraïbi inspire une thèse

Driss Chraïbi inspire une thèse

On me fit découvrir un auteur, je voulais en savoir plus et je me suis rendu compte qu’il faillit venir à Mostaganem en visite mais la maladie imprévue l’a ravi à ses siens. Il est marocain, il adore l’Algérie et il en parle.

Son ouvrage le plus connu est ‘le passé simple’ mais moi je vous parle de lui après avoir lu ‘Enquête au pays’, je pense que vous avez deviné qu’il s’agisse de Driss Chraïbi.

Le hasard de l’histoire a voulu que le sujet traité par cet ouvrage concerne une forme de résistance des villageois berbères face à des enquêteurs de police venus de la ville durant les années 60…2017 même histoire, même lieux mais une différence de taille aujourd’hui c’est du réel. Driss Chraïbi aurait-il écrit un ouvrage prémonitoire ?

N’exagérons rien ! On reconnait à cet auteur d’avoir dépoussiéré la littérature marocaine et de l’avoir fait entrer dans la modernité. Il faut lui reconnaitre une écriture libre, rebelle, osée dans les années 50. On le lit avec avidité, on l’avale.

C’est un écrivain romancier d’expression française né en 1926 à El Djadida (ex Mazagan), après des études secondaires à Casablanca, il fait des études de Chimie en France (1945) et devient Ingénieur. Il se lance dans l’écriture ; en 1954 ‘le passé simple’ parait et le révèle à la critique française. Il faudra attendre 1967 pour que ses compatriotes fassent taire la polémique née de cet ouvrage et de celui ‘les boucs’ (1957), qu’ils oublient ses critiques acrimonieuses à l’endroit de la société conservatrice et traditionnelle et l’adoubassent : Driss Chraïbi le père de la littérature marocaine moderne.

Plus de quarante-cinq ouvrages ! Sa vie devient un roman ou plutôt une série de romans ‘Succession ouverte’, ’La civilisation, ma mère…’, ‘Vu, lu entendu’, ‘Le monde à côté’…et tant d’autres jusqu’à ‘l’homme qui venait du passé’ (2004) pour lequel l’auteur nous fait savoir que c’est son dernier livre !

Ce qu’il faut retenir de cet auteur de par son côté révolté, son ton satyrique, de son humour bien de chez nous, il assène certaines vérités qui désarçonnent plus d’un de nos contemporains que ce soit dans le monde littéraire, artistique ou politique. Il suscite chez vous des questions et buscule vos certitudes si vous en avez. Sinon comment comprendre celles et ceux qui ont écrit sur l’œuvre de Driss Chraïbi ?

Avril dernier, c’était à Casablanca la commémoration du Xème anniversaire de sa mort, j’ai demandé à Habib Amar de m’en dire un peu plus sachant que j’envisageais d’écrire cet article, il me répondit en me susurrant quelques anecdotes, j’ai retenu celles-ci :

« Driss me lance :  -Tu es un vrai conteur, tu devrais écrire tes histoires !

Et j’ai eu le malheur de lui dire que c’était fait, que j’étais en pleine correction de mon «Algérires» ! Et là, il m’a « ordonné » de revenir la semaine d’après avec le manuscrit !

… Il a aimé mes histoires drôles et il a été très ému par le portrait que j’ai fait de mes parents. Il m’a bien sûr donné quelques ficelles et conseils d’écriture, avant de me surprendre :  -As tu quelqu’un pour ta préface ? 

Je lui dis non, je n’y pense pas encore, et il me demande de ne plus chercher : il allait me la faire ! »

Et c’est le début d’une longue amitié.

« …Dans son dernier livre, on retrouve Oussama Benladen mort dans un puits à Marrakech, l’auteur fait appel à son inspecteur Ali pour mener l’enquête mais…Le lecteur sera bien surpris à la fin.

…Driss Chraïbi existe dans les manuels scolaires algériens du secondaire. »

Djamil Hadj Mohamed

 Djamil Hadj Mohamed
Djamil Hadj Mohamed

 

Vérifiez également

Yasmina Khadra à la salle de conférence de Mostaganem

Yasmina Khadra à Mostaganem

Samedi 15 juillet – Djenatou El-Arif – Fondation méditerranéenne du développement durable. Deux bonnes heures …

un commentaire

  1. Je copie un commentaire de Habib Amar sur facebook
    Habib Amar
    Habib Amar Casablanca, visite à Driss Chraïbi

    J’avais prévu un voyage à Casablanca, pour passer quelques jours avec un ami, qui était en train de sillonner le Maroc pour des rencontres autour de la francophonie. Il devait rentrer en France un 15 avril, je lui ai promis d’arriver au Maroc une semaine avant son retour… Malheureusement, le destin a voulu que j’aille à Casablanca, comme prévu, mais pas pour passer du bon temps, mais pour aller me recueillir sur sa tombe… Cet ami, c’est Driss Chraïbi, écrivain qui a révolutionné la littérature marocaine avec son « passé pas aussi simple que ça » (Le passé simple)…. On s’est parlé au téléphone, il m’a dit qu’il avait attrapé froid et qu’il était pour deux semaines chez l’ami de toujours, Basfao, à Casa. Il ne voulait surtout pas que j’en parle à Sheena, sa moitié, pour ne pas l’inquiéter. Mais dans la semaine, c’est Sheena qui m’appelle pour me dire que Driss avait été rapatrié d’urgence en France ! Il est hospitalisé dans la Drôme… Je file à l’hôpital pour lui rendre visite… Il était très mal en point, mais il avait toujours son humour ravageur ! Il me chuchote à l’oreille : – T’as pas une cigarette ? On s’est raconté quelques bêtises pour réchauffer l’ambiance et je suis reparti le soir, en lui promettant de repasser le voir. Je ne savais pas que c’était la dernière fois que je le voyais… Le lendemain soir, Sheena m’apprit la mauvaise nouvelle… Quelques jours après, il fut enterré au cimetière Chouhadas de Casablanca… Une semaine plus tard, j’ai donc décidé de ne pas annuler mon voyage et d’aller voir l’ami Driss, mais dans des conditions qui n’étaient pas prévues. Accompagné de mon alter ego Malek, je débarque à Marrakech et, le lendemain, nous prenons le train pour Casablanca-Port… Nous sortons à peine de la gare, qu’un chauffeur de taxi nous aborde. Il accepte de nous déposer au cimetière Chouhadas. Nous roulons depuis deux minutes, lorsque le chauffeur démarre la discussion : – Vous êtes revenus au pays pour visiter les tombes de vos parents ? Il y en a beaucoup qui reviennent pour revoir la terre de leurs ancêtres. D’ailleurs, certaines familles me mandatent pour m’occuper des tombes de leurs parents… Vous habitiez où avant ? Et il baisse son pare-soleil pour nous montrer des photos de mecs souriants, bien fringués, avec leurs kippas… Mon ami Malek n’a rien compris à cette discussion, d’autant plus qu’il m’entend approuver et surtout répondre comme si de rien n’était : – Oui, nous venons régulièrement en pèlerinage, pour voir nos parents enterrés ici et visiter notre villa située au quartier Californie (le Beverly Hills de Casablanca). Pour vous résumer la situation : aux premiers mots du chauffeur, j’ai saisi où il voulait aller. Il nous prenait pour des juifs ayant quitté le Maroc depuis la mort de leurs parents et il approchait en crabe en nous soumettant, mine de rien, l’idée de s’occuper des tombes, moyennant finances ! J’ai joué le jeu jusqu’au bout, au grand désarroi de Malek, complètement perdu ! Le cimetière Chouhadas jouxte le cimetière juif et où croyez-vous que le chauffeur nous dépose ? Au cimetière juif, bien sûr ! Et Malek qui lance :
    – Non, pas là, pas là ! Surpris, le chauffeur nous demande : – Pourquoi pas là ? Et je réponds du tac au tac : – Non, c’est là, mais d’abord, nous allons visiter une tombe d’un ami au cimetière musulman et, après, on vient voir celles de nos parents ! Et là, le chauffeur a failli pleurer d’émotion : – Dieu est grand ! Vous êtes des saints ! Vous privilégiez votre amitié pour un musulman, avant de voir vos parents ! Que Dieu vous bénisse ! Vous êtes des anges ! Comment s’appelait votre ami ? Je lui dis Driss Chraïbi et il me lance : – Ah oui ! Je le connaissais ! C’était un ancien maire de Casablanca, un très chic type ! Nous descendons pour faire les cinquante mètres qui nous séparaient du cimetière Chouhadas, mais l’ami taxieur ne nous lâche pas : – Vous pouvez visiter votre ami, puis vos parents et je vous attends ! – Non, merci ! Nous allons passer beaucoup de temps pour voir la tombe de notre ami, puis nous allons visiter tout le cimetière ! Pas la peine de nous attendre ! Il s’en va à regret, conscient d’avoir loupé une affaire. Nous avançons, à la recherche de la tombe de Driss… À l’intérieur du cimetière, un flic et un gardien devisent tranquillement. Je leur demande de me donner un coup de main pour trouver la tombe où repose Driss. Ils me l’indiquent, de concert, on les remercie et on file vers l’endroit indiqué. Le cimetière est désert, mais on entend dans notre dos le flic et le gardien qui chuchotent :
    – Driss Chraïbi ? Sûrement des pontes qui viennent le visiter… Le chuchotement porte loin, car des bruits de pas naissent et grandissent derrière nous… On entend le crissement du gravier sous les semelles de nos suiveurs, on n’ose pas se retourner. On arrive devant la tombe, on s’arrête, je me retourne : c’est une scène de « Affreux, sales et méchants » plus vraie que nature ! Une vingtaine de mendiants, de SDF et de pauvres hères stationnent derrière nous, pour une petite pièce, on est mal barrés. D’un coup, sortant des fourrés, trois ou quatre mecs arrivent comme la foudre, l’un pour arroser la tombe, l’autre avec des fleurs sauvages qu’il y dépose… On nous met devant le fait accompli, on n’a rien demandé ! Mon cher Driss, je reconnais là ton esprit facétieux, tu es en train de nous faire une bonne blague, mais tu nous mets dans la mouise. Je pense que c’est Malek qui a dû induire tout ce beau monde en erreur : comme il est toujours tiré à quatre épingles, ils ont cru que l’ambassadeur de France était dans les murs ! Je demande au « fleuriste » et à l’« arroseur » de se casser pour nous laisser nous recueillir. Ils restent sourds à ma demande. Je réfléchis une seconde et je ne trouve qu’un seul moyen pour me débarrasser de tout le monde : je sors un billet de 200 dirhams, le montre à la foule et le donne au « fleuriste » : – Voilà, c’est tout ce que nous avons en poche, le « fleuriste » partagera avec vous ! Ce dernier avait déjà dix mètres d’avance, mais on ne la fait pas aux camarades : en une fraction de seconde, ils étaient à ses trousses ! Cela nous libère le champ… Repose en paix, Driss, et à bientôt…
    J’aimeAfficher plus de réactions · Répondre · 2 · 10 h · Modifié

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

blog lam dep | toc dep | giam can nhanh

|

toc ngan dep 2016 | duong da dep | 999+ kieu vay dep 2016

| toc dep 2016 | du lichdia diem an uong

xem hai

the best premium magento themes

dat ten cho con

áo sơ mi nữ

giảm cân nhanh

kiểu tóc đẹp

đặt tên hay cho con

xu hướng thời trangPhunuso.vn

shop giày nữ

giày lười nữgiày thể thao nữthời trang f5Responsive WordPress Themenha cap 4 nong thonmau biet thu deptoc dephouse beautifulgiay the thao nugiay luoi nutạp chí phụ nữhardware resourcesshop giày lườithời trang nam hàn quốcgiày hàn quốcgiày nam 2015shop giày onlineáo sơ mi hàn quốcshop thời trang nam nữdiễn đàn người tiêu dùngdiễn đàn thời tranggiày thể thao nữ hcmphụ kiện thời trang giá rẻ